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Joël Solari
annonce clairement sa couleur politique : "Je suis un homme de droite,
ce sont mes idées, je les revendique. J'étais au R.P.R depuis 1981,
et membre de l'U.M.P depuis sa création". Gaulliste de conviction, il
s'affirme républicain et "né comme ça". Mais avant de vivre le handicap
dans sa chair, il n'était pas vraiment militant. Son "entrée en
tétraplégie", en 1988, l'a conduit à s'engager dans l'action associative
et il rejoignit alors le Groupement pour l'Insertion des personnes Handicapées
Physiques (GIHP).
"Je me suis retrouvé du jour au lendemain tétraplégique incomplet, deux
ans paralysé, puis plus de deux années en centres de rééducation. J'ai
rencontré des personnes qui souffraient, démoralisées par ce qui leur
arrivait. Moi, j'ai fait le deuil de ma vie d'avant, même si j'avais
un environnement familial à assumer, marié et deux enfants; ma force
de caractère m'a permis de faire face. Mais j'ai pensé qu'il fallait
agir pour les autres, pour ces jeunes auxquels on annonçait que plus
jamais ils ne marcheraient. Et j'ai choisi le GIHP en 1992, parce que
c'est l'association dont l'action m'intéressait le plus : elle milite
pour l'autonomie et la vie à domicile, avec les aides nécessaires. Je
suis plutôt opposé à une logique d'institutionnalisation, et d'ailleurs
on se rend bien compte que la vie autonome est une demande forte des
personnes handicapées. On veut que chacune ait son projet de vie, puisse
vivre comme elle le souhaite, et de préférence chez elle".
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"Je ne
mélange pas mon activité associative et politique, mais j'estime
que dans le domaine du handicap il ne doit pas y avoir de clivage.
Parce que l'on est tous, par la famille, les amis ou soi-même,
confronté un jour ou l'autre, au handicap provisoire ou durable".
Mais s'il affirme que l'on ne doit pas mélanger les genres, entre
action associative et politique, Joël Solari tient à rappeler
que les lois fondamentales en faveur des personnes handicapées
ont été élaborées par des gouvernements et une présidence dirigés
par Jacques Chirac, que ce soit la loi d'orientation de juin 1975,
celle en faveur de l'emploi de juillet 1987, ou leur réforme en
février 2005...
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"Je ne pense
pas que la droite ait le monopole du handicap, mais au moins, elle a
fait quelque chose. La loi de février 2005 est drastique, complexe à
mettre en application, la preuve en est que tous les décrets d'application
ne sont pas encore élaborés. Avoir créé partout des Maisons Départementales
des Personnes Handicapées, c'est formidable, cela créé une décentralisation.
Mais il y a quand même un problème entre l'État et les départements,
il faut qu'ils s'entendent, pour que les demandeurs aient accès à la
Prestation de Compensation du Handicap, ce qui n'est pas évident dans
tous les départements. J'habite en Gironde, un département peuplé, et
il y a des difficultés pour obtenir cette prestation".
Natif du Périgord, Joël Solari réside à Bordeaux depuis 1968. Il y a
fait carrière, a dirigé des entreprises. "Quand j'ai rejoint le GIHP,
je travaillais en concertation avec la mairie de Bordeaux, la communauté
urbaine, le Conseil Général, la Région. Je pense que l'on avance davantage
par cette méthode qu'en revendiquant et manifestant". Les relations
de travail qu'il a établies avec Alain Juppé, dont il constate qu'il
a une vision "transversale" du handicap, ont fait qu'il a
été sollicité pour rejoindre, en position éligible, la liste candidate
aux élections municipales de mars 2008. Une fois élu, il a obtenu une
délégation lui permettant de travailler avec tous les adjoints et les
maires de quartier. "Le handicap touche tous les secteurs, le transport,
l'habitat, le cadre de vie, la culture, le sport, les loisirs, le tourisme,
l'école. Intervenir en amont des projets demande beaucoup de travail
et de présence auprès des autres élus. Mais ils me sollicitent, ils
ont découvert à mes côtés, durant la campagne électorale, que même dans
une ville considérée comme très accessible, il y a encore des problèmes".
Son mandat politique l'a toutefois conduit à réduire ses activités associatives
locales. Il inscrit son action dans la proximité, et n'envisage pas
de briguer une autre fonction élective. "Je veux faire avancer les chantiers,
pour rendre service aux personnes qui en ont besoin et gommer cette
notion de handicap, pour que l'on puisse être des personnes à part entière,
au milieu de tous les citoyens".
Propos recueillis par Laurent
Lejard, juin 2008.
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