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Noël devrait
être un jour de joie, de paix et de bonheur pour tous. Ce 25 décembre
2000, ça n'a pas été le cas pour un homme polyhandicapé, violemment
agressé à Martigues (Bouches-du-Rhône) et décédé des suites de ses blessures
trois jours plus tard. Frappé sans raison ? Non, son agresseur voulait
attaquer quelqu'un de vulnérable, par bêtise et méchanceté précisent
les enquêteurs qui ont arrêté le criminel dès le lendemain...
Fallait-il que la vie de cet agresseur, âgé de 19, ans fût vide
pour qu'il tabasse et tue ainsi un homme qu'il ne connaissait pas. Et
qu'il s'est "payé" parce qu'il était vulnérable, handicapé mental et
physique facile à dominer, un exutoire humain à ses frustrations d'adolescent.
Ce fait n'est pas isolé, un précédent sanglant s'est déroulé à Marseille
il y a quelques années : un handicapé mental vivant dans l'une des immenses
cités HLM de la ville était fréquemment insulté et molesté par des jeunes.
Son frère a voulu le défendre, il en est mort. Les agresseurs, jugés
l'an dernier, sont en prison. Un autre drame de la vulnérabilité. Ou
plutôt de l'intolérance, de l'impossibilité de supporter les différences,
de la volonté de contraindre des individus perçus comme inférieurs parce
qu'handicapés et que l'on a qu'eux à se mettre sous le poing.
Il est vraiment temps que dans ce pays soit engagée une action civique
d'ampleur nationale pour promouvoir la visibilité, l'acceptation et
l'intégration des personnes handicapées. Il en va de leur avenir, et
parfois même de leur simple droit à vivre.
Laurent Lejard, janvier 2001
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