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Le Ministre
des solidarités et de la santé, Philippe Douste-Blazy, sait désormais
avec quel budget il peut compter pour financer l'aide aux personnes
handicapées ou âgées : 3 milliards 132 millions d'euros en 2005. Le
gros de ce budget, géré par la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie
(C.N.S.A), est constitué par un transfert de crédits de l'Assurance
Maladie et de l'Etat. Un complément est constitué par le jour férié
travaillé et dont le produit, estimé à 850 millions d'euros, sera versé
à la C.N.S.A.
Mais voilà que Philippe Douste-Blazy doute que la journée de travail
de solidarité suffise à payer à l'avenir les dépenses liées à la dépendance,
un doute publiquement exprimé lors de la Convention sociale du parti
de la majorité gouvernementale, l'U.M.P. Si le Ministre des solidarités
a jeté un pavé à la mare, on ne saurait lui en faire reproche : quelqu'un
aura au moins une fois évoqué les personnes les plus fragilisées de
notre société lors d'une convention sociale dans laquelle le maître-
mot semblait être la réduction, voire la suppression, des minima sociaux
par la mise au travail de tous. Dans son discours de clôture, le président
de l'U.M.P, Nicolas Sarkozy, livrait cette envolée : "L'écart de revenu
entre celui qui travaille et celui qui vit d'un minimum social n'est
pas suffisant. Le second n'a pas toujours eu beaucoup de chance, c'est
un fait. Ce n'est pas une raison pour rémunérer dans des conditions
quasi identiques celui qui travaille et celui qui ne travaille pas".
Anecdotiquement, on peut en déduire que le frère du numéro deux du Médef
n'est pas favorable au relèvement de l'Allocation Adulte Handicapé à
hauteur du Smic. A quoi est-il d'ailleurs favorable, en matière de personnes
handicapées ? Bien malin qui peut le dire, car si Nicolas Sarkozy a
un avis sur les élèves, les salariés, l'emploi, les fonctionnaires,
les femmes (au travail), les seniors (au travail), il ne pipe mot sur
les sujets "handicap" et "dépendance". Pas même quand il évoque, en
matière d'embauche, son opposition à "une politique de quotas qui
créé des discriminations à rebours et humilie plus qu'elle n'aide ceux
pour lesquels elle est conçue". Mais s'il traite-là des populations
d'origine immigrée, on peut également en déduire que l'obligation d'emploi
des travailleurs handicapées est en péril.
Avec un programme si social, nul doute que le président de l'U.M.P puisse
utilement conseiller le Ministre des solidarités pour l'aider à vaincre
ses craintes sur l'avenir des personnes dépendantes : Nicolas Sarkozy
saura bien les mettre, toutes, au travail. Jusqu'au cimetière.
Laurent Lejard, mars 2005
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