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Cette participation,
l'avoir inscrite dans la loi du 11 février 2005 est sans conteste une
très bonne initiative, dont certains se mordent peut-être les doigts
aujourd'hui...
D'une part, des technocrates qui, depuis la promulgation de la loi,
ont pris les rênes, peut- être parce qu'ils sont frustrés que cette
loi leur ait échappé durant son élaboration. Au point que le corps politique
a désormais beaucoup de mal à se faire entendre, ce qui est un
comble mais pas une nouveauté dans notre pays. Que les fonctionnaires
mènent la danse et la France décompense ! On se demande alors qui détient
véritablement le pouvoir; il y a de quoi s'inquiéter devant tant d'arrogance,
de défiance, de manque de bon sens et de méconnaissance de la réalité
du terrain. Et l'on se rend compte que, tout compte fait, le seul contre-
pouvoir c'est nous, les personnes concernées, les associations et la
rue, libres de leurs paroles. Faut-il vraiment s'en réjouir ?
D'autre part, des cabinets ministériels qui ont une notion de la participation
à sens unique. Par méconnaissance de la population qu'ils sont censés
encadrer et accompagner dans l'évolution que propose la loi et dans
sa mise en oeuvre. À ce jour, nous sommes consultés mais guère écoutés
: le grand handicap des caciques de l'État est qu'à leurs yeux nous
restons avant tout des "handicapés" ! De ce fait, ils éprouvent
de grandes difficultés à nous envisager comme des interlocuteurs
à part entière, des partenaires avec lesquels on travaille d'égal à
égal, des citoyens au sens profond du terme.
Voilà des années que nous revendiquons une authentique participation,
une réelle considération; nous n'avons en retour, au mieux qu'une considération
condescendante, celle que l'on accorde en général aux démunis, aux assistés,
aux faibles et aux laissés pour compte. Mais le vent tourne, comme l'a
récemment démontré le rassemblement organisé à Toulouse par Être
Et Avoir 31 et la Coordinations Handicap et Autonomie. Un rassemblement
dont le but principal était de dénoncer ce déni de participation en
pointant les incohérences de la circulaire du 11 mars 2005 relative
au déploiement des forfaits grande dépendance : des incohérences dues
justement à ce refus de nous écouter, de nous considérer comme des partenaires.
Voilà pourquoi, toute notre énergie et notre volonté seront inlassablement
tournées vers un seul objectif : être pleinement reconnus et vraiment
participer à la mise en oeuvre d'un dispositif et d'une loi qui nous
concernent et dont nous avons été les catalyseurs. Jusqu'à ce que nous
obtenions gain de cause !
Marcel Nuss, Président de la Coordination Handicap et Autonomie,
juin 2005.
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