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Chaque vendredi,
chacun s'interroge souvent sur ce qu'il pourra faire ou voir d'intéressant
durant le repos hebdomadaire. Et se demande où s'informer sur les activités
et sites adaptés. Savoir ce qui est organisé en direction des publics
handicapés, ou qui leur est accessible, demeure en effet une tâche ardue.
L'information est diluée, les organisateurs communiquent dans les médias
locaux et rarement auprès de la presse spécialisée. Il
faut également être bien attentif pour dénicher une activité adaptée
dans un programme tous publics. L'offre de loisirs et de courts séjours
de week-end existe, mais elle est mal diffusée.
Au hasard de l'agenda publié dans nos colonnes, les franciliens
pourront toujours aller voir si le 3e Défistival fait davantage recette
que l'an dernier; les enfants, adolescents et adultes polyhandicapés
auront ce samedi matin à Paris leur séance mensuelle de cinéma rien
que pour eux; aveugles et sourds pourront participer à des visites guidées
de quelques parcs et jardins dans le cadre de la fête annuelle que leur
consacre la Ville de Paris; les Provençaux déficients visuels iront
apprécier le bestiaire tactile exposé au château de Tarascon; les Girondins
s'essayeront au parcours sensoriel du Musée d'Histoire Naturelle de
Bordeaux; les Nordistes encourageront l'équipe de France féminine de
handibasket dans sa compétition européenne; les sourds Limousins participeront
à Limoges aux manifestations de leur Journée Mondiale, et ceux de Marseille
à un festival de cinéma; les Auvergnats convergeront à Vichy pour participer
à l'Entraidathlon des personnes handicapées mentales. Un programme intéressant
mais qui laisse de côté bien des régions et des publics.
Les amateurs de sorties touristiques ne sont pas mieux lotis, ne pouvant
guère compter sur le label Tourisme et Handicap pour composer une sortie
d'une ou deux journées. Dans un secteur déterminé, on peut certes trouver
des sites touristiques labellisés mais pas d'hébergement ou de restaurant
à proximité; parfois l'inverse. Rares encore sont les Comités de Tourisme
qui aient mis en place une démarche structurée, basée sur une zone délimitée,
un "pays", et dans lequel chacun peut trouver ce dont il a
besoin. On observe également une fâcheuse tendance dans les documentations
touristiques : seules les activités labellisées Tourisme et Handicap
disposent désormais d'une information d'accessibilité, alors
que les sites accessibles sont bien plus nombreux. En ramenant l'accueil
des publics handicapés aux seuls sites labellisés, l'offre touristique
a considérablement fondu en quelques années. Si le label Tourisme et
Handicap est un gage théorique de sécurité et de qualité, il repose
sur la volonté d'un gestionnaire ou d'un exploitant qui a toute liberté
de demander ou non à être labellisé, et peut même sélectionner le public
qu'il souhaite recevoir. Un paradoxe étonnant alors que l'on parle de
lutte contre les discriminations et de mise en accessibilité du cadre
bâti à l'horizon 2015...
Laurent Lejard, septembre 2005.
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