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Alors que le
gouvernement se prend les pieds dans les droits d'auteur à l'heure de
la société de l'information, les personnes handicapées ne sont pas assurées
que l'exception en leur faveur soit effective.
Faut-il faire confiance aux éditeurs ? De la réponse découlera l'effectivité
de l'exception "droits d'auteur et voisins" dont devraient bénéficier
les personnes handicapées dans l'accès aux livres et ouvrages assimilés.
La transposition tardive en droit français de la Directive Européenne
sur les droits d'auteur s'effectue dans la confusion, les volte-face,
les coups de théâtre parlementaires. Le Ministre de la culture et de
la communication, Renaud Donnedieu de Vabres, empêtré dans une défense
trop visible des intérêts des grands éditeurs, notamment musicaux, soutient
un dispositif complexe et incomplet en faveur des personnes ayant besoin
d'une édition adaptée pour avoir accès aux ouvrages : une exception
réservée aux "personnes morales en vue d'une consultation strictement
personnelle de l'oeuvre par des personnes atteintes d'une déficience
motrice, psychique, auditive ou visuelle".
Il ne sera pas fait obligation aux éditeurs de fournir leurs oeuvres
au Dépôt Légal "sous la forme d'un fichier numérique" permettant d'en
assurer la transcription en braille, grands caractères, version électronique
téléchargeable. "Il ne s'agit pas d'un dépôt légal géré par la [Bibliothèque
Nationale de France], expliquait Renaud Donnedieu de Vabres lors des
débats à l'Assemblée Nationale le 8 mars dernier, mais d'un dépôt directement
assuré par les éditeurs. Les professionnels se sont engagés à se mobiliser
pour cette cause et c'est là une avancée très positive". On ne saurait
être plus clair : la mise à disposition de tous les lecteurs des 50.000
ouvrages publiés annuellement en France est laissée au bon coeur des
éditeurs qui défendront "la cause" des personnes handicapées, si chère
au Président de la République. Quant à l'égalité d'accès des personnes
handicapées aux loisirs et à la culture, elle n'a pas fini d'agiter
des colloques verbeux auxquels le Ministre de la culture et de la communication
ne manquera pas de prodiguer son discours, à défaut d'actes tangibles
et de réalisations concrètes.
Laurent Lejard, mars 2006.
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