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Le Premier
ministre du Royaume-Uni annonce sa retraite sur fond de commisération
et de cécité sélective...
Nos voisins britanniques vont changer en douceur de chef du gouvernement
dans quelques semaines : le "Très Honorable" Tony Blair, en
poste depuis dix ans, se retire. En annonçant publiquement son départ,
le 10 mai dernier, il a eu ces quelques mots sur sa fonction : "Les
gens me disent que c'est un travail dur, mais pas vraiment. Une vie
dure c'est celle des jeunes, des enfants lourdement handicapés et de
leurs parents qui m'ont rendu visite au Parlement la semaine dernière".
Tony Blair parle d'or : durant ses trois mandats au titre du parti Travailliste,
présumé de gauche, les conditions de vie des Britanniques les plus pauvres
et vulnérables ne se sont pas améliorées, bien au contraire. Si le chiffre
officiel du chômage fait des envieux chez les libéraux français, il
masque la réalité de l'expulsion systématique des listes de demandeurs
d'emploi et d'allocataires des personnes qui n'acceptent pas ce que
les bureaux privés de placement leur imposent, un système que nous promettent
certains hommes politiques français. Verra-t-on prochainement dans les
rues de nos villes des travailleurs pauvres attendant près d'une officine
une embauche hypothétique à la journée, comme on le voit au Royaume-Uni
? Un pays dans lequel la mortalité infantile progresse, exemple unique
dans les pays dits développés. Et où la tentative de retour forcé au
travail des dizaines de milliers d'allocataires handicapés s'est heurtée
aux conditions d'emploi moyenâgeuses qui sont appliquées aux travailleurs
peu qualifiés. Dans le même temps, la qualité du service public de santé
s'est davantage dégradée au point que les britanniques qui en ont les
moyens se font opérer en France...
Et que dire de la politique belliqueuse de Tony Blair, toujours à flairer
la trace laissée par le Président américain Georges Walker Bush ? Visiblement,
ça n'a pas été "dur" pour lui d'engager ses militaires en
Afghanistan et en Irak; pas "dur" non plus d'ignorer les cercueils
et les soldats mutilés rentrant au pays. Des soldats invalides dont
les géniteurs connaissent désormais "la vie dure de parents d'enfants
handicapés" par la volonté du jeune retraité de la politique Tony
Blair. Lequel rejoindra bientôt la société d'investissements américaine
Carlyle, qui a connu son essor alors qu'elle était dirigée par un ancien
directeur de la C.I.A, et qui possède des intérêts dans les entreprises
d'armement, les grandes gagnantes du blairisme.
Blairisme sur lequel lorgne avec insistance la nouvelle équipe
politique qui s'apprête à gouverner la France...
Laurent Lejard, mai 2007.
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